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N°187 · Fusion

Le débat sur la place financière a divisé le Parti Libéral-Radical suisse selon des lignes de faille différentes de celles auxquelles nous sommes accoutumés. Il n’y a pas de « Röstigraben » car les Romands ont été largement soutenus par les Alémaniques. Pas non plus d’antagonisme entre Libéraux et Radicaux. On peut tout au contraire se réjouir de la parfaite unité de vue dans laquelle ont agi Libéraux et Radicaux genevois, notamment. La limite est ailleurs : elle sépare ceux qui ont peur de l’avenir de ceux qui ont confiance en lui.

Les premiers, emmenés semble-t-il par une petite poignée d’industriels, ont mis en opposition la finance et l’économie « réelle ». Comme si l’économie n’était pas un tout, la respiration d’une communauté dont chaque acteur est dépendant de tous les autres.

C’est sous cette influence que la présidence du PLR a provoqué la réouverture d’un débat qui commençait tout juste à se refermer après une année d’agitation générale aussi vaine que pitoyable sur le secret bancaire. Ce faisant, le parti a cédé à la tentation du conformisme. C’est banal en politique mais, plus que tous autres, les Libéraux devraient résister à cette tentation. Comme on pouvait le prévoir, ce mauvais débat a débouché sur des formules creuses. Creuses et malvenues. Elles donnent en effet l’impression que notre parti stigmatise l’activité de tous les acteurs financiers et critique l’ensemble des Suisses. Emboîtant curieusement le pas à quelques paléo-idéologues gauchistes, nos hérauts ont assené un cours de morale très approximative à nos concitoyens qui ont, à juste titre, horreur des amalgames aussi bien que des donneurs de leçons. Nous ne sommes pas des fraudeurs et nous ne voulons pas que le ton du discours qu’on nous adresse laisse supposer le contraire. L’insistance avec laquelle la question d’une prétendue « moralisation » de l’ensemble de la place financière a été soutenue était donc déplacée. Elle menace, de surcroît, un secteur vital de nos activités et se situe à l’opposé des principes dont nous nous réclamons. D’habitude, en effet, les Libéraux-Radicaux protègent l’individu contre les excès de l’Etat, défendent la sphère privée, pratiquent l’incitation plutôt que la répression et redoutent les Etats policiers.

Ce débat affligeant contraste aussi avec la belle ambition des assemblées libérale et radicale genevoises. Elles ont lancé la constitution d’un nouveau Parti Libéral-Radical qui devrait voir le jour avant la fin de l’année. Son but ? Promouvoir ensemble les valeurs communes : droits de l’homme, dignité et responsabilité individuelles. La réalisation de ces idéaux, anciens mais toujours actuels, a fait de nos devanciers les bâtisseurs de la démocratie, de la souveraineté nationale dans l’ouverture au monde. Ainsi sont nées les garanties fondamentales : libertés d’opinion, d’association, de pensée, celle de croire ou de ne pas croire, l’instauration de la laïcité dans l’espace public, le contrôle de l’Etat par les citoyens et le respect de ces derniers par leur administration.



 

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date de l'actualité :03 juin 2010
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