N°186 · Libéralisme en dangerEn raison de la crise économique et des dysfonctionnements, voire des abus, qu’elle a révélés, les forces hostiles au libéralisme ont repris l’offensive et peuvent espérer des succès. Les partis de gauche en sont les auteurs. Souvent, ils sont majoritaires dans les agglomérations urbaines; en outre, sur des sujets touchant immédiatement un grand nombre de concitoyens, ils bénéficient parfois de l’appui de la droite populiste ; quant aux partis du centre droit, mal à l’aise sur ces dossiers politiquement délicats, ils sont assez fréquemment enclins à faire litière des principes pour se conformer à l’air du temps, sous l’appellation commode de recherche du consensus. Le libéralisme est de ce fait en grand danger, et avec lui le monde dans lequel nous aimons vivre, démocratique, respectueux des personnes, soucieux de culture, d’éducation, de sciences, de bien-être et d’amélioration de la condition humaine. Or ce modèle, dans lequel l’individu est protégé contre les abus de l’Etat par les Droits de l’homme, est le seul obstacle à l’ambition de ceux qui cherchent, sous couvert d’égalité, à niveler les êtres humains pour mieux les contrôler. Sous prétexte de réguler l’économie, on le met en péril. Voilà l’immense défi qui nous est lancé. Pour le relever, nous devons être particulièrement attentifs à la portée des projets qui nous sont soumis. Une fonction publique surpayée n’est pas seulement la source d’une inévitable augmentation d’impôts(60% des dépenses publiques sont des salaires), elle est aussi une concurrence pour l’emploi dans le secteur privé. La délation administrative (interdite à Genève grâce aux Libéraux depuis quelques années) est l’outil de prédilection des dictatures et son encouragement favorise les comportements ignominieux, donc la destruction du lien social. L’affaiblissement de la place financière entraînerait celui de l’industrie, causerait à brève échéance une crise structurelle insurmontable et la disparition de la prospérité léguée par nos devanciers. Mais la prospérité n’est-elle pas une condition essentielle de nos libertés ? Personne, je pense, n’a oublié les désastres politiques auxquels peuvent conduire les crises économiques.
document Nouveau_Liberal_187_01.pdf1 (pdf, 784 K) date de l'actualité :03 juin 2010
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